Le petit jardin



Poème pour rendre à la langue
Sa robe informelle
La grâce de nous appartenir
Pour nous faire revenir
Sur le corps des syllabes
La voix qui éveille en nous
Le verbe
L’objectivité
Et la lumière qui défile sans fin
Visite Jenine, les larmes posées sur le seuil d’une maison vide.
Prompts à l’exil, les survivants du visible
Se réveillent au pied des phares hospitaliers.
Attente-réconciliation et calme-absence.
Les robinets de l’or noir sont taris.
Espace occupé, terrain glissant, cohésion, honnêteté, impasse.
Le dialogue s’amorce.
Pris sur le vif du sujet : victimes, belligérants et conscience tranquille.

Il n’est pourtant plus question de lire dans le blanc des yeux,
le rouge de la clandestinité.

Quand les poètes auront les montagnes pour chevet,
la lumière sera celle de la liberté.

Reprends les tiens visiteur,
pour que leur vie ne termine pas noyée au fond des océans.
La continuité ne tient pas au superficiel.
Une seconde vie et une sagesse pour penser l’impérialisme éphémère.
Assassins d’indiens, trompeurs d’images,
les pierres continuent de voler.

C’est dans ton sommeil, visiteur,
que les ombres mortes ressusciteront pour t’interroger.

Ils n’ont plus rien perdre, la nuit tombée,
ils surveillent nos maisons.
Au matin, il ne restera qu’un vent de souvenir.
Corps restés muets. Palestine rendue vierge
par leur imagination, pour ne voir que des corps en miettes.

Territoires libérés, que les jeux d’enfants redeviennent la règle,
que les femmes retrouvent la finesse dans leur beauté créatrice,
les hommes abolisseurs d’horreur,
Véracité du jour, répétition et musique effectivement plus douce.

Une prière et des pierres qui volent.
Pesanteur sous la pluie,
la ville s’assainit, peu à peu, sous les flots.



©Jamila Abitar

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